Information 2.0

L'information à l'heure d'Internet
Aller directement à la fiche atelier

Peut-on croire tout ce que l’on lit sur internet ?

Qui n’a jamais entendu dire “Je l’ai lu sur Internet”? C’est l’argument d’autorité souvent employé et qui a remplacé le “Vu à la TV” argué par les publicitaires au moment des catalogues de Noël. Dès lors, peut-on croire le message lu ? La question est volontairement simpliste et soulève d’autres interrogations : qui est l’auteur de la publication (article ou photo) et et quel est son intérêt à diffuser cette information ? Comment sont financés les médias ? Il nous paraît important de nous questionner d’abord nous-mêmes, et d’accompagner ensuite les jeunes avec lesquels nous travaillons sur leurs pratiques quotidiennes et personnelles. A noter, pour s’informer, ils passent essentiellement via les réseaux sociaux.

Au tout début du XXIe siècle, les médias ont été bouleversés par l’arrivée d’Internet dans la plupart des foyers. Le passage d’une information diffusée via les journaux, la radio ou la TV à une information relayée immédiatement sur les réseaux sociaux, blogs et sites internet a été rapide, et rarement accompagné. C’est aussi une chance pour les jeunes d’aujourd’hui. En décidant de relayer ou non une information sur leurs réseaux sociaux, ils deviennent – nous devenons – des producteurs d’information. Nous sommes tous responsables, en tant que citoyens, de l’information que nous diffusons.

Chez Synapses, il nous semble essentiel de s’interroger sur la circulation des informations, notamment sur internet et en particulier sur les réseaux sociaux. Nous proposons ainsi d’analyser ensemble des images qui circulent et se propagent à vitesse grand V. ll n’y aucun besoin d’être un spécialiste de l’information pour pouvoir mener les ateliers. L’objectif est d’éveiller le sens critique des jeunes lors d’échanges horizontaux. Nous pensons qu’il faut partir de leurs pratiques et de leurs représentations pour pouvoir au mieux les accompagner. Discuter et pratiquer sont les deux rouages de nos ateliers.

 

Qui finance les informations 2.0 ? Qui diffuse ?

Débattre sur la presse, sur la fonction de journaliste, sur leur rôle et le financement des médias est primordial. Libérer la parole, sortir du ressenti, permet parfois d’éviter de tomber dans l’écueil des théories du complot. Cela permet aussi de ne pas laisser s’installer une défiance non-argumentée à l’égard des médias. L’esprit critique reste notre meilleur allié,

Avant tout, il faut garder à l’esprit que les images ne sont qu’un regard sur un événement. Il n’existe pas de vérité absolue, mais il est essentiel de se poser quelques questions et d’adopter quelques réflexe. La logique des algorithmes sur les réseaux sociaux est de nous maintenir dans une zone de confort, au sein d’une communauté qui véhicule des arguments, valables ou non, qui confortent nos positions. Et si nous prenions un peu de recul avant de les partager à tout-va?

La lecture de l’URL permet d’en savoir plus sur l’identité des auteurs ou du site d’information qui publie. S’agit-il de journalistes, de publicitaires, de personnes engagées pour une cause? C’est ici un des premiers jalons d’une “enquête” pour remonter à la source d’une information.

Taper le nom de la personne qui publie dans un des moteurs de recherche permet de connaître sa fonction, parfois ses engagements. En regardant les pages qu’elle suit sur les réseaux sociaux, on peut en déduire ses centres d’intérêt. On laisse tous volontairement (ou involontairement) des traces sur le web.

C’est un des points essentiels pour comprendre la fabrique de l’information. L’information est aussi un produit. Quel est le but de sa diffusion ? Faire passer des idées, permettre à celui qui la produit d’être rémunéré (un journal, un accès payant à notre site) ou vendre de la pub. Garder toujours en tête que “Si c’est gratuit, c’est toi le produit”. Sur cette thématique, la carte des Médias en France “Qui possède quoi” est une bonne base sur laquelle s’appuyer afin de mieux comprendre les mécanismes économiques en jeu. Il existe nombre de sites divers par leur ligne éditoriale. Libre à chacun de choisir ceux dont il est proche en fonction de ses valeurs et de ses convictions, mais il faut savoir lire entre les lignes et comprendre la ligne éditoriale.

Quant à la création de contenus par des individus lambda, sur les sites dits “de réinformation”, il est essentiels d’appliquer les mêmes questionnements. Exemple  : un politique, un militant aura facilement tendance à voir un fait à travers son prisme. A nous donc de savoir analyser son prisme !

Certaines informations peuvent être de véritables remises en question des informations “officielles” tout à fait légitimes voire bénéfiques. Elles font parfois suite à un long travail d’enquête nécessaire à la démocratie. N’appelle-t-on pas la presse le quatrième pouvoir ?

Enfin, il est également important de poser la question : “Suis-je prêt à payer un abonnement pour des informations de qualité?” Ou mes parents payent-ils un abonnement à de la presse, un site internet d’information…?

LA BOÎTE A OUTILS

pour décrypter une photo et mener un atelier

  • Le site de Fact Checking “Factuel” de l’AFP, le site CheckNews par Libération, lou Les Décodeurs du Monde font un travail de veille et de fact checking (vérification des faits). En allant sur leur site je peux regarder si la photo ou l’information sur laquelle j’ai un doute a déjà été traitée, si un travail de vérification journalistique a déjà été fait. Je peux également leur envoyer un mail pour leur demander leur avis. Les Décodeurs du Monde proposent toutes sortes d’outils dont l’outil Décodex, un moteur de recherche sur la fiabilité des sources sur internet. Il suffit d’y rentrer l’URL du site que l’on recherche pour obtenir des informations. Nous conseillons de l’utiliser surtout pour les informations d’ordre général (à qui appartient le journal, son orientation politique, etc…). L’avis donné par Le Monde sur les sites internet reste subjectif.
  • Les outils Tineye ou Google Images (en cliquant sur l’icône d’appareil photo) dans leur fonction inversée. Ces deux outils permettent de faire une recherche par image et détecte ses différentes occurrences sur le web. En rentrant l’URL d’une photo ou en la chargeant depuis mon ordinateur, je peux notamment faire une recherche par date (“by oldest” sur Tineye) pour rechercher les plus anciennes apparitions de la photo, ou d’une photo similaire sur le web.
  • Pour les vidéos, un outil similaire a été développé par Amnesty International, le Youtube data viewer.
  • Le guide Décodex du journal Le Monde liste certains comportements et questionnements intéressants en pages 16 à 18, n’hésitez pas à l’imprimer.
  • Une recherche sur Street View permet parfois de vérifier l’exactitude d’un lieu, de mesurer la véracité d’une légende ou d’un commentaire.

   Pour aller plus loin

ipsum dolor Aenean ut porta. quis, ultricies nec suscipit dictum venenatis facilisis